Le marché du cognac en Chine demeure dans une phase délicate, marquée par un ralentissement notable qui affecte autant les volumes que la valeur des exportations. Alors que 2026 se profile comme l’Année du Cheval, symbole de puissance, d’énergie et de renouveau dans la culture chinoise, l’industrie du cognac tente de relancer une dynamique largement freinée par les barrières douanières, les mesures antidumping et un contexte économique asiatique fluctuant. Malgré ces difficultés, les maisons de cognac françaises déploient des stratégies marketing audacieuses et des éditions limitées pour séduire un public chinois toujours attiré par l’exclusivité et l’artisanat d’exception. Ce chemin sinueux vers une croissance plus stable illustre en filigrane les complexités d’un marché en pleine transformation, niché au croisement entre traditions ancestrales chinoises et désirs contemporains d’élégance et de raffinement européen.
L’évolution du marché du cognac en Chine à l’orée de l’Année du Cheval
La consommation de cognac en Chine, qui avait connu une dynamique particulièrement forte ces dernières années, connaît aujourd’hui un essoufflement perceptible. En 2025, les expéditions vers l’Extrême-Orient, dominées par la Chine et Singapour, ont chuté d’environ 20,5 % en volume et de 23,1 % en valeur. Un recul significatif qui inquiète producteurs et négociants installés en Charente et Charente-Maritime, berceaux historiques du cognac avec plus de 4 300 viticulteurs, 240 négociants et 140 distillateurs mobilisés pour redresser la barre.
Ce ralentissement vient pour partie des mesures antidumping imposées par Pékin sur les spiritueux européens, combinées à des droits de douane élevés. Ces obstacles freinent l’expansion du cognac alors même que la culture chinoise valorise les boissons alcoolisées de qualité lors des célébrations festives. En effet, le Nouvel An chinois, qui cette fois-ci coïncide avec l’Année du Cheval, demeure un moment clé de consommation et un véritable levier commercial pour les marques de cognac.
Les producteurs savent que la reprise du marché chinois nécessitera plus que de simples ajustements tarifaires. Il s’agit d’adapter l’offre aux attentes locales et de construire une relation de confiance durable avec les consommateurs. Le cheval, symbole fort de cette nouvelle année selon le zodiaque chinois, inspire notamment les maisons à mettre en scène des valorisations artistiques et culturelles pour toucher une clientèle sensible à la symbolique et au prestige. En ce sens, les éditions limitées créées spécialement pour l’Année du Cheval agissent comme un pont entre l’artisanat charentais et les sensibilités chinoises, renforçant l’attachement à un produit de luxe porteur d’histoire et d’émotion.
Face à ces enjeux, le marché progresse lentement, à petits pas, en gardant en tête une vision à long terme. Ce contexte invite à une réflexion profonde sur les nouvelles voies possibles pour dynamiser la consommation et valoriser l’image du cognac au-delà des simples frontières économiques.

Stratégies marketing et éditions spéciales : les marques de cognac à la conquête du marché chinois
Chaque année à l’approche du Nouvel An lunaire, les grandes maisons de cognac rivalisent d’imagination pour capter l’attention des consommateurs chinois. L’Année du Cheval 2026 offre un terrain de choix pour conjuguer créativité et tradition. Martell, Hennessy et Rémy Martin proposent notamment des flacons et coffrets d’exception enrichis d’éléments artistiques et culturels.
Martell, par exemple, a dévoilé une édition limitée de son célèbre Cordon Bleu. Le flacon et son étui sont ornés d’une calligraphie dorée réalisée par l’artiste contemporain He Datian, apportant une touche raffinée et symbolique inspirée des mouvements et de la puissance du cheval. Cette démarche artistique répond à une demande précise : le public chinois est très sensible à l’alliance entre savoir-faire européen et symbolique locale, une union qui valorise l’achat comme un acte culturel.
Du côté de Hennessy, la marque a fait appel à Xu Zhen, un peintre et sculpteur chinois dont les œuvres iconoclastes sont reconnues internationalement. Ces créations habillent quatre références phares de la gamme haut de gamme, soulignant la silhouette du cheval dans un style moderne, mêlant or, rouge et crème. Le contraste entre tradition et modernité attire un public exigeant, décuplant ainsi la visibilité de la marque dans les festivals et événements liés au Nouvel An chinois.
Rémy Martin, également engagé dans cette voie, collabore avec l’artiste Xue Song, reconnu pour son approche pop art et ses collages. Les flacons décorés en édition limitée sur les références VSOP Fine Champagne, XO et Club deviennent dès lors bien plus que de simples contenants, ils symbolisent une œuvre d’art. Un tableau accompagnant cette collection présente un centaure, emblème de la marque, menant fièrement un attelage de chevaux sauvages, évoquant puissance et liberté.
Au-delà de l’esthétique, ces opérations marketing s’inscrivent dans une démarche de visibilité et de réinvention. La culture chinoise valorise les signes astrologiques et ces campagnes ciblées utilisent habilement cette superstition pour créer une connexion émotionnelle entre le cognac et ses consommateurs. Le cheval incarnant renouveau et vitalité, il est devenu un vecteur de séduction commerciale non négligeable.
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Impact des mesures commerciales et douanières sur les importations de cognac en Chine
Le contexte commercial et réglementaire qui encadre les échanges entre la France et la Chine reste tendu. Les droits de douane imposés par Pékin sont à l’origine d’une importante contraction des importations de cognac en Chine. En 2025, la taxe moyenne punitive a été fixée autour de 32,2 %, obligeant les maisons à relever leurs prix pour maintenir la rentabilité. Cette augmentation du prix moyen a peu à peu transformé le cognac en produit de luxe inaccessible pour une plus large frange de consommateurs.
À cela s’ajoute une longue enquête antidumping de près de dix-huit mois sur les brandys européens, qui s’est traduite par le retrait temporaire des bouteilles des boutiques détaxées des aéroports et des zones franches chinoises, lieux habituellement à forte visibilité et vente rapide. Cet épisode a considérablement affaibli la présence du cognac sur les circuits de consommation privilégiés des voyageurs d’affaires et des touristes aisés.
Un compromis obtenu en juillet 2025 a permis à 34 marques d’échapper à la taxe excessive à condition de pratiquer une hausse des prix modérée. Cette solution, bien que jugée comme la moins mauvaise par les négociants, officialise une tendance à la montée en gamme, qui peut à terme limiter la croissance du marché en éloignant les consommateurs plus sensibles au coût.
Dans ce contexte, les acteurs du secteur espèrent que le marché national et les autres marchés asiatiques viendront compenser partiellement ce frein. Pour l’heure, la croissance lente observée traduit la nécessité d’une réévaluation des stratégies commerciales, d’un dialogue renforcé avec les autorités douanières, mais aussi d’une diversification des circuits de distribution et de la gamme de produits proposés localement.
Ces conditions complexes illustrent combien les mesures commerciales pèsent lourdement sur le développement du marché du cognac en Chine, faisant de l’année du Cheval un moment stratégique à surveiller.
L’importance culturelle de l’Année du Cheval pour la consommation de cognac en Chine
Dans la culture chinoise, l’Année du Cheval symbolise la liberté, la puissance et la rapidité. Ces attributs traduisent un fort potentiel d’optimisme et de renouveau, des valeurs qui ont été exploitées efficacement par les marques de cognac pour créer des liens avec les consommateurs locaux. Cette symbolique trouve un écho tout particulier dans les traditions du Nouvel An lunaire, période durant laquelle les familles réunies célèbrent leur bonheur autour de mets et de boissons précieuses.
Le cheval, figure notamment associée à la vitalité et au courage, inspire une narration forte dans la communication, rendant la consommation de cognac plus qu’un simple choix gustatif : un véritable acte d’engagement culturel et de statut social. Les campagnes publicitaires qui montrent des animaux sauvages galopants ou des personnalités célèbres chevauchant des pur-sangs illustrent cette volonté de marier esthétique, dynamisme et authenticité.
Cette attention portée à la symbolique astrologique s’inscrit dans une longue tradition de consommation ritualisée des boissons alcoolisées en Chine, où le baiju, spiritueux local, cohabite avec des produits importés. Le succès du cognac dépend ainsi de sa capacité à s’insérer dans ces pratiques, en offrant une expérience de luxe, festive et déférente aux coutumes ancestrales.
Les flacons décorés pour 2026 ne sont pas de simples produits, mais des témoins d’un art de vivre et d’un dialogue interculturel. La relation entre la culture chinoise et le cognac s’enrichit chaque année, renforçant la place de cette boisson dans un univers de raffinement et d’appréciation du détail. Les acteurs de la filière savent que ces fondements culturels sont aussi des leviers économiques essentiels pour bâtir une progression durable et respectueuse des consommateurs chinois.
Les défis et perspectives pour l’industrie du cognac face à la croissance lente du marché chinois
Le marché du cognac en Chine avance aujourd’hui à petits pas, mais cela ne signifie pas l’absence totale d’opportunités. Au contraire, le ralentissement actuel invite à repenser les stratégies et à intégrer pleinement les spécificités du marché chinois, caractérisé par une demande exigeante pour le prestige, la qualité, et la distinction.
Dans ce paysage marqué par les barrières douanières, une taxation élevée et une conjoncture économique délicate, les viticulteurs et négociants de la Charente, même confrontés à une baisse substantielle des volumes, continuent de manifester leur attachement à ce marché. Leur vœu commun est que les freins administratifs et commerciaux soient levés, permettant enfin un retour au galop d’une croissance plus vigoureuse. En attendant, les entreprises misent sur l’innovation produit, la diversité des gammes, et le renforcement des liens culturels pour maintenir leur présence.
Un autre défi important réside dans la diversification des circuits de distribution en Chine. Alors que les traditionnels points de vente en duty free et boutiques spécialisées restent compliqués, l’émergence du e-commerce et du luxe digital offre des pistes prometteuses. Les initiatives pour combiner expérience d’achat immersive et storytelling autour de l’Année du Cheval, notamment via des influenceurs ou ambassadrices locales, commencent à porter leurs fruits.
Enfin, l’industrie réfléchit à renforcer ses actions auprès des jeunes générations chinoises, moins attachées aux hiérarchies anciennes mais davantage porteuses d’une sensibilité à l’art, à la provenance et à la durabilité. Cette mutation ouvre une fenêtre d’opportunité, certes progressive, mais stratégique pour le futur marché du cognac. En somme, l’Année du Cheval reste un moment clé, non seulement symbolique mais aussi un appel à la mobilisation et à l’adaptation constante, indispensable pour que le cheval puisse véritablement galoper à nouveau sur le marché chinois.
















